Chemins I ****

Publié le par Alex Owl

Et voilà, plus rien ne pouvait plus me détacher de son souvenir, son image, son odeur, comme un gamin, je ne parvenais plus à me concentrer au boulot. J'oubliais la moitié des choses que j'avais à faire. Elle était là quelque part du côté de Genève et il fallait que je la revoie.

Je n'avais plus qu'une seule idée en tête, qui va vous sembler idiote, comment fait-on pour téléphoner en Suisse ? Quel indicatif faut-il utiliser ? Il me fallait un annuaire ou un agent de France Telecom tout de suite...Ah! et aussi un plan de Genève, des horaires de train, d'avion, de bateau... heu, non pas de bateau...le bus, le métro... Bref, il fallait vite que je me persuade que je pouvais la retrouver à tout moment, qu'elle n'avait pas disparu à jamais.

Pour passer le temps, c'était le week-end, je suis allé sur la plage, sur nos traces des jours écoulés, j'ai refaits les chemins de sable que nous avions creusés de nos pas. J'ai vogué infiniment dans la douceur de son souvenir. Je souriais, avec un air idiot probablement. Je devais même parfois parler tout seul et je crois que j'ai chanté quelques mesures du "mariage de Marie la bretonne" alors que je croisais un couple d'anglais le long du golf. J'étais si loin de tout, loin du reste du monde ! Je suis allé regarder le coucher de soleil sur l'horizon, loin en mer, juste à la pagaie. Les derniers cormorans rigolaient de mon air béat. L'automne s'installait inéductablement, le vent et la houle fouettaient ma coque, je remontais rapidement le col de ma veste, enfilait la capuche étanche et prenait la direction de la cale de Lancieux en mettant le cap sur les lueurs naissantes des habitations à l'Ouest de l'embouchure du Frémur.

Deux jours plus tard, je me lançait à nouveau à l'assaut des démarches urgentes qu'il me fallait effectuer pour réunir tous les éléments qui me permettraient de la joindre ou la rejoindre. Indicatif, cartes...etc... et là je basculait brutalement dans l'inconcevable, l'horrible, le cruel extrème.

Bêtement, j'avais laissé le bout de nappe sur la table de nuit. Bêtement, je n'avais pas recopiée l'adresse. Bêtement, j'avais une femme de ménage consciencieuse. Et bêtement, j'étais de garde ce dimanche à l'hôpital. Finalement à mon retour chez moi en fin de matinée, le morceau de papier avait disparu, avalé par la poubelle. Et vous me croirez si vous voulez mais c'était justement le jour du passage des éboueurs. Et hop ! emportée l'adresse de ma belle, alors que dans mon hameau, le camion ne passe qu'un fois par semaine, il avait fallu que ce soit ce jour là !

[à suivre...]


Publié dans A suivre...

Commenter cet article

Osiris 07/02/2007 15:08

Ah qu'il est bon le retour d'Alex sur le devant de la scène... Mais peut-être qu'en lançant une alerte sur internet, sur le satellite, sur le câble, on pourrait t'aider à la retrouver...