Fin de nuit.

Publié le par Alex Owl


Le froid du petit matin, intransigeant, s'insinue sous le col de ma veste.

Je marche vers elle. Ma nuit a été longue, les embardées trop brusques , trop d'appels au secours, le retour est urgent. Comme souvent après ces nuits de bataille, la vie tente de reprendre ses droits, elle frappe fort aux battants de mon âme. Le désir m'emporte, il me remplit et pousse. Je flotte étrangement en rêvant à des corps chauds, des corps amoureux, à des étreintes charnelles, de belles retrouvailles. Quand je serai lavé des effluves désespérantes , quand je serai repu de notre connivence, quand je serai blotti au coeur de notre amour, alors je m'endormirai pour un long, long moment, comme pour changer de peau. Elle me dira le monde qui va, là dehors, sans se douter des abîmes humaines. Elle me dira la main qui panse, le chemin de nos espérances. Elle me chantera encore, de sa voix d'ébène, l'épopée de nos recouvrances. Pour cela je damnerai toutes les âmes de nos vies, pour écouter encore le cours de nos amours, la voir, la savoir, sans doute, juste comme un voyage sans retour, tendus vers cet autre rive qui nous appelle.

Je l'embrasserai et elle enfantera les routes de demain.



Publié dans histoires et nouvelles

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