Chronique des recouvrances [4]

Publié le par Alex Owl

     Les phares éclairaient de biais l'herbe haute du près dans lequel je m'étais renversé. L'horloge du tableau de bord marquait 18h45, je n'avais pas dû perdre connaissance très longtemps, quelques minutes au plus. Personne ne semblait avoir remarqué ma situation inconfortable et le champ étant en contre bas, j'entendais le moteurs des voitures qui passaient sur la route sans me voir.


Il ne me fallut pas longtemps, une fois la conscience retrouvée, pour faire un rapide tour de mon état de santé et faire le bilan de ma situation. La vive douleur dans le côté droit était toujours présente, s'amplifiant à chaque inspiration et signait, pour le moins, quelques côtes cassées. Par chance je ne ressentais pas de difficultés à respirer. Mes jambes étaient coincées sous le tableau de bord et je ne sentais plus rien à gauche. Je connaissait suffisamment ce type de situation pour savoir que cela n'était pas bon signe. En tout cas là au moins, je n'avais pas mal, et je parvenais à remuer les orteils à droite.


Un rapide coup d'oeil autour de moi me permis de constater que la voiture n'avait pas pris feu, le moteur ne tournait plus, seuls les phares éclairaient la nuit face à moi et au pare brise disloqué.


J'avais un goût métallique dans la bouche qui se mélangeait à l'odeur d'essence et une sensation de soif commençait à se faire sentir. Le journal de 19h s'ouvrait sur le sauvetage d'une victime retrouvée vivante sous des décombres, en Colombie, 7 jours après un tremblement de terre. Où pouvait bien être passé ce foutu agenda ?


Mon pouls allait bon train mais cela pouvait être la douleur, le stress, le froid... et des milliers d'autres choses encore. Ou peut être une tentative, de mon organisme, pour maintenir ma pression artérielle face à une perte sanguine importante... en passant ma main droite le long de mes cuisses, de mon ventre, de ma poitrine et de mon cou je ne trouvais pas de sang. Seul mon crâne semblait saigner, rien de dramatique finalement.


Mais je me sentais à nouveau fatigué, mes idées redevenaient confuses. J'étais obnubilé par le fait de ne pas trouver mon agenda et de savoir comment j'allais bien pouvoir prévenir mon travail... Mis à part cela, je ressentais une impression de détachement face à ce qui m'arrivait. Seule la douleur que me procuraient les efforts pour respirer me rappelaient à la réalité.

J'aurais voulu ne pas comprendre mais je devais me rendre à l'évidence, il était probable qu'une hémorragie était en train de laisser s'écouler peu à peu la vie en dehors de mon corps et je n'avais aucun moyen de l'arrêter.

[à suivre...]


Publié dans A suivre...

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missycalou 14/01/2007 10:16

l'ange gardien, toujours penser à lui dans xces moments là...........penser à sa force intérieure........