De loin... [12]

Publié le par Alex Owl


La lande était à présent déserte. Seuls les cris de Tristan résonnaient faiblement dans la nuit, assourdis par le granit. La brume commençait à monter de la rivière et à recouvrir le champ des pierres levées. La lune avait disparu.

 

Tristan pleurait maintenant, tout doucement au fond de son trou d'où il pensait ne jamais ressortir. Il allait rejoindre le tas d'os là, à côté de lui... un autre viendrait un jour... Quel idiot il avait été, croire de telles sornettes, fariboles, menteries et autres racontars... croire à la richesse en un claquement de doigts ! Quel imbécile ! A ça, pour claquer ça avait claqué ! Et une lourde porte s'était refermée sur lui.

 

Tout en continuant à se faire des reproches, il sentit quelque chose bouger près de sa cheville droite, quelque chose de doux et chaud, un léger grattement, comme si quelqu'un lui tapait sur l'épaule pour attirer son attention. Il fouilla dans ses poches et fini par trouver une boite d'allumettes. Il en craqua une, les mains engourdies, un nuage de givre montait de sa bouche à chaque respiration. Et là dans le halot lumineux tremblotant, il vit un mulot près d'un trou tout juste assez grand pour laisser passer le petit rongeur. Il ressemblait étrangement au mulot qu'il avait libéré de dessous une canette de bière la veille.

 

L'animal semblait lui faire signe de le suivre... mais comment ? Creuser, La terre était trop dure en plein hiver et sans outils. Le mulot semblait insister avec des petits cris aigus. Tristan se brûla les doigts et son allumette s'éteignit en tombant. Il en craqua aussitôt une seconde, le mulot était toujours là, près de sa cheville, il tournait encore et encore autour de Tristan,  et soudain, il lui enfonça les incisives dans le gras du mollet.

 

- Aïe ! Hé ça va pas !

 

Un perle de sang rouge roula sur la chaussure et de là, sur la terre près du trou de souris.

 

A la lumière de l'allumette, Tristan vit alors le mulot et toute la caverne dans laquelle il se trouvait se mettre à grandir, grandir... Même l'allumette devenait plus grosse de seconde en seconde et il dû la lâcher pour ne pas risquer de se faire écraser ! La transformation était si rapide qu'il en eu le tournis et perdit l'équilibre.

 

Il se retrouva le nez devant le trou par lequel était à l?évidence passé le petit animal, allongé sur la terre. Mais à la place du tunnel étroit, devant lui, se tenait à présent une véritable galerie, assez grande pour qu'il puisse s'y glisser.

 

Le rongeur, immense, passa devant lui, Tristan le suivit sans réfléchir?



[à suivre... dernier épisode]

Publié dans A suivre...

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Altaïr 06/01/2007 19:29

Bien écrit, prenant :) Même quand on arrive en plein milieu.On s'associe ? :D

Osiris 06/01/2007 12:35

On suit Tristan jusau'au bout du monde. Je vois que ton univers est aussi onirique que celui du "Vieil homme et l'horloge" !! Nos neurones m'inquiètent ! C'est grave D ??

Alex Owl 06/01/2007 14:34

Pas d'inquiétude pour les neurones, ils sont en bonne santé !C'est le propre de l'imaginaire de pouvoir voyager partout, quelque soit le temps et la distance, sans contraintes autres que celle que nous imposent nos murs intérieurs. Alors je me fait casseur de murs...