Là... calme toi mon âme. Là... apaise ces soubressauts ridicules. Personne ne te regarde. Tout est encore possibles. Seuls quelques
spectres magiciens ont aperçu ta peur. Personne d'autre ne sait. Change de costume, secoue tes cheveux puis sors de ton trou en prenant un air détaché. Le monde tremble mais ne rompt pas. Ton
absence est passée inaperçue. Nul besoin d'absolution. Reprends juste ta place... chaque matin ligne Châtelet-Vincennes, sur le strapontin. Tu sais en face de cette jeune fille au teint pâle et
aux yeux de jade. Hé... ho... calme toi mon âme... doucement... Bien sûr que tu pourras lui parler; si tu le souhaite. Mais pas comme ça, pas dans cet état, patiente encore un peu, remets toi à
l'endroit pour na pas l'effrayer.
Une fois, elle t'a souri... mais tu avais fait tomber ton livre et en essayant de le rattraper tu t'étais mis à ressembler à un jongleur fou. Tu étais dans la lumière et tu as répondu à son
sourire. Je me souviens que ton coeur avait bondi mais personne n'en avait rien su.
Là... rêve encore un peu avant demain. Le jour où tu te léveras. Pourquoi aller trop vite, la terre colle tellement aux lambeaux de tes vêtements. ton corps ne se lévera pas tout seul, il te
faudra le hisser, lentement, avec effort. Puis le tenir debout vaille que vaille. Enfin avancer un pied lentement. Alors tu marcheras.
En attendant dors... tout va bien... le monde flotte doucement dans un ciel noir étoilé. Et il attend.
Je suis de passage là où rien ne glisse. Seule la mer peut encore pleurer les
heures répandues sur la table du monde. Je suis de passage là où rien ne glace plus les buches des solstices crépusculaires. Je scrute la brume sombre. Le silence écrase même le bruit des pas de
ceux qui marchent. Jusqu'au plus noir désir pour que surgisse un éclair d'or au milieu de cette nuit éperdue. L'arbre est tatoué depuis si longtemps qu'on ne sait plus lire les signes étranges
qui creusent l'écorce d'argent. Les feuilles chuchotent pourtant le chant du ralliement. Les retrouvailles sont proches. Elles s'avancent enlacées, les vertues mille fois peintes éclairant
l'obscure haletant. La torture agonise au fond d'un cachot peint de mille étincelles bleues en souvenirs des sanglots ravalés. Les cordes tombent en poussière mauvaise qui pique les narines. Les
lambeaux de richesse restent accrochés au vent et sifflent de vitesse feinte. La mort pue ! A la poursuite des rires de cristal aux mille éclaboussures éberluées. J'accède au niveau du dessus,
d'où viennent les chuchotements et les rires. J'écoute en m'essuyant les joues de la tourbe ramassée en rampant dans les buses d'eau croupie. Je goute le nectar tiré de mes vêtements essorés à
poings serrés. Il pique la langue et coule dans le gosier. C'est bon même avec ce gout de terre. J'en tremble.
Je viens de voir à la télé des militaires birmans jeter des paquets de bouteilles d'eau minérales d'un hélicoptère au dessus d'un village
sinistré... la vue plongeante permettait d'évaluer la hauteur à près de 100 pieds (environ 30 mètres) si j'en crois mon expérience des vols à basse altitude... ben oui je suis quand même un
hibou, non ?
Quand je pense que lorsque je vais au supermarché faire mes courses et qu'il m'arrive de laisser tomber un paquet de bouteilles d'eau minérale de ma simple hauteur, les dégats sont considérables
sur les dites bouteilles, je n'ose pas imaginer ce qui reste de celles lancées d'un hélicoptères !
Finalement ce n'est pas le résultat qui compte... l'important comme a dû le dire Pierre de Coubertin, c'est de participer !
J'espère quand même que les ONG vont bientôt pouvoir entrer en Birmanie. Et s'il ne reste plus personne à secourir, elles pourront toujours apprendre aux militaires-humanitaires à accrocher une
corde à un paquet de bouteilles d'eau !
Pour être plus sérieux, nous avons des nouvelles de la petite Léonore qui aura bientôt cinq mois.Vous vous souvenez, elle est née le 24 décembre à minuit et on se demande mon ami le
lampadaire et moi si elle ne serait pas le petit Jesus dont tous les humains parlent à Noël. Et bien, pour le moment elle grandit normalement. Quand il fait beau, elle sort avec sa maman qui la
promène dans une sorte de sac qu'elle s'accroche sur le ventre. L'autre jour je suis passé en rase-mottes au dessus d'elle et elle m'a souri... Il est encore trop tôt pour conclure mais elle est
rigolote. L'enquête continue.
Et bien il s'en passe des choses sur le "Waibeu" en mon absence. Pas étonnant, je ne suis qu'un hibou qui court
le ciel et se pose de temps en temps. Une fois ici, une autre fois là, parfois près de mon copain le lampadaire. Je ne vois pas pourquoi il ne passerait pas des choses pendant mes escapades.
Dans mes moments les plus noirs je me demande parfois où va le monde. Mais au fond, il tourne et mélange les couleurs, c'est précieux. Ben oui, un monde qui tourne c'est beau. Il y a tant de
formes différentes de nuages dans le ciel, tant de couleurs revêtues par la stratosphère, tant de chuchotements extraordinaires. Et puis des vents de violence aussi.
Le temps coule, simplement. Et même si des trous noirs menacent, le mouvement ne cesse pas pour autant.
Ce qui serait terrible ce serait l'indifférence. Mais heureusement elle est soluble dans la curiosité même à petite dose. Soluble dans un regard, soluble dans le "recul
indispensable". Et comme elle se nourrit des torrents d'informations qui dévalent les pentes médiatiques, il suffit de couper le courant de temps en temps, de s'asseoir sur le pas d'une porte
et d'écouter couler l'air du temps. C'est facile lorsque les premiers soleils pointent leurs rayons. C'est chaud et c'est doux .
Et là pourquoi ne pas ouvrir un bon livre ? en papier ! Un Henning Mankell par exemple, une édition de poche. Se plonger dedans un long moment, suivre le commissaire
Wallander dans les méandres de ses états d'âme et d'une enquête subtile. Ah ! L'air du temps, remède à tant de maux... flotter et laisser faire, pendant que passe une brise, avant de reprendre
la barre contre vents et marées.
Je profite d'un ascendant et je me prends pour un aigle. A plus tard.
Sur les terres oubliées d'un immense chapiteau,
Danse le nez en l'air, un grand clown apaisé.
Son sourire n'est plus feint, un peu plus mis à nu
Il connait bien l'histoire qu'il ne dira qu'à celle
Qui le regarde chaque soir faire la pantomime
Suspendue à ses gestes en ailes de moulin
A ses traits de crayon noir, rouge vermillon
Ses lèvres tremblent autant qu'une voile dans le vent
Lève l'étrave folle, dès l'aube fend la foule
Qui le regarde chaque soir faire la pantomime
Cette main conte tant de vagues traversées
Qu'il faut bien du talent pour reprendre la mer
Lorsque la lune coule, que l'homme vocifère
Que les lumières claquent, que l'orchestre s'élance
A cette heure chaque soir, zut ! J'ai raté la rime...
Voilà, je suis prêt aussi, je vais rejoindre 2008... voyez, fallait pas pousser.
Bonne année à tous !
Mais maintenant va falloir en faire quelque chose de cette nouvelle année. C'est bien joli de l'attendre, de la souhaiter, de s'agiter toute une
soirée et de faire plein de bisous à tout le monde durant l'instant frénétique du passage mais va falloir l'occuper, la 2008 en question. On peut pas y entrer et puis Pof! s'asseoir et
attendre.
Ben non faut voir grand, faut laisser aller le rêve, imaginer des plans, étudier les faisabilités, réaliser les études préalables, demander les
permis et se mettre à l'oeuvre.
Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir en faire ? C'est un peu embarrassant maintenant qu'on y est...
Si quelqu'un a une idée, il ne faut pas hésiter, qu'il en fasse profiter les autres, ce serait sympa. Même une toute petite idée ce serait déjà un
début... Hein ?
D'autant que si on n'en fait rien du tout ça risque d'être long toute une année... et puis même en admettant que l'on prenne tous une année
sabatique... Et ben ça ne fait que reculer le problème, ce sera pour 2009 !
Moi je ne sais pas... on pourrait faire de la musique, ou bien dire de la poésie, cuire des tagliatelles, sourire, marcher sur la lune à nouveau.
On pourrait s'esclaffer, vociférer, chuchoter. Et pourquoi pas dormir un peu, faire la planche, nouer des liens, rebrousser chemin. Et puis fabriquer des polochons, renflouer des galions,
manger des patates au feu de bois... on pourrait rester, partir, retourner...
En plus il pourrait y avoir des fleurs fraiches sur la table, celles qui sentent si bon.
Et puis le temps pourrait être doux, la pluie fine et le coeur léger.
Vos soufflantes..