Je sais, il ne chante pas le Hibou, il Hulule...
N'hésitez pas à laisser vos propres mots, votre voix, des "soufflantes" extraordinaires... une trace... un signe... votre chemin de lecture...
Alex O.
N'hésitez pas à laisser vos propres mots, votre voix, des "soufflantes" extraordinaires... une trace... un signe... votre chemin de lecture...
Alex O.
Je viens de voir à la télé des militaires birmans jeter des paquets de bouteilles d'eau minérales d'un hélicoptère au dessus d'un village
sinistré... la vue plongeante permettait d'évaluer la hauteur à près de 100 pieds (environ 30 mètres) si j'en crois mon expérience des vols à basse altitude... ben oui je suis quand même un
hibou, non ?
Quand je pense que lorsque je vais au supermarché faire mes courses et qu'il m'arrive de laisser tomber un paquet de bouteilles d'eau minérale de ma simple hauteur, les dégats sont considérables sur les dites bouteilles, je n'ose pas imaginer ce qui reste de celles lancées d'un hélicoptères !
Finalement ce n'est pas le résultat qui compte... l'important comme a dû le dire Pierre de Coubertin, c'est de participer !
J'espère quand même que les ONG vont bientôt pouvoir entrer en Birmanie. Et s'il ne reste plus personne à secourir, elles pourront toujours apprendre aux militaires-humanitaires à accrocher une corde à un paquet de bouteilles d'eau !
Pour être plus sérieux, nous avons des nouvelles de la petite Léonore qui aura bientôt cinq mois. Vous vous souvenez, elle est née le 24 décembre à minuit et on se demande mon ami le lampadaire et moi si elle ne serait pas le petit Jesus dont tous les humains parlent à Noël. Et bien, pour le moment elle grandit normalement. Quand il fait beau, elle sort avec sa maman qui la promène dans une sorte de sac qu'elle s'accroche sur le ventre. L'autre jour je suis passé en rase-mottes au dessus d'elle et elle m'a souri... Il est encore trop tôt pour conclure mais elle est rigolote. L'enquête continue.
Il faut que je m'envole, à plus tard...
Quand je pense que lorsque je vais au supermarché faire mes courses et qu'il m'arrive de laisser tomber un paquet de bouteilles d'eau minérale de ma simple hauteur, les dégats sont considérables sur les dites bouteilles, je n'ose pas imaginer ce qui reste de celles lancées d'un hélicoptères !
Finalement ce n'est pas le résultat qui compte... l'important comme a dû le dire Pierre de Coubertin, c'est de participer !
J'espère quand même que les ONG vont bientôt pouvoir entrer en Birmanie. Et s'il ne reste plus personne à secourir, elles pourront toujours apprendre aux militaires-humanitaires à accrocher une corde à un paquet de bouteilles d'eau !
Pour être plus sérieux, nous avons des nouvelles de la petite Léonore qui aura bientôt cinq mois. Vous vous souvenez, elle est née le 24 décembre à minuit et on se demande mon ami le lampadaire et moi si elle ne serait pas le petit Jesus dont tous les humains parlent à Noël. Et bien, pour le moment elle grandit normalement. Quand il fait beau, elle sort avec sa maman qui la promène dans une sorte de sac qu'elle s'accroche sur le ventre. L'autre jour je suis passé en rase-mottes au dessus d'elle et elle m'a souri... Il est encore trop tôt pour conclure mais elle est rigolote. L'enquête continue.
Il faut que je m'envole, à plus tard...
par Alex Owl
publié dans :
Carnet du Hibou
Et bien il s'en passe des choses sur le "Waibeu" en mon absence. Pas étonnant, je ne suis qu'un hibou qui court
le ciel et se pose de temps en temps. Une fois ici, une autre fois là, parfois près de mon copain le lampadaire. Je ne vois pas pourquoi il ne passerait pas des choses pendant mes escapades.
Dans mes moments les plus noirs je me demande parfois où va le monde. Mais au fond, il tourne et mélange les couleurs, c'est précieux. Ben oui, un monde qui tourne c'est beau. Il y a tant de
formes différentes de nuages dans le ciel, tant de couleurs revêtues par la stratosphère, tant de chuchotements extraordinaires. Et puis des vents de violence aussi.
Le temps coule, simplement. Et même si des trous noirs menacent, le mouvement ne cesse pas pour autant.
Ce qui serait terrible ce serait l'indifférence. Mais heureusement elle est soluble dans la curiosité même à petite dose. Soluble dans un regard, soluble dans le "recul indispensable". Et comme elle se nourrit des torrents d'informations qui dévalent les pentes médiatiques, il suffit de couper le courant de temps en temps, de s'asseoir sur le pas d'une porte et d'écouter couler l'air du temps. C'est facile lorsque les premiers soleils pointent leurs rayons. C'est chaud et c'est doux .
Et là pourquoi ne pas ouvrir un bon livre ? en papier ! Un Henning Mankell par exemple, une édition de poche. Se plonger dedans un long moment, suivre le commissaire Wallander dans les méandres de ses états d'âme et d'une enquête subtile. Ah ! L'air du temps, remède à tant de maux... flotter et laisser faire, pendant que passe une brise, avant de reprendre la barre contre vents et marées.
Je profite d'un ascendant et je me prends pour un aigle. A plus tard.
Le temps coule, simplement. Et même si des trous noirs menacent, le mouvement ne cesse pas pour autant.
Ce qui serait terrible ce serait l'indifférence. Mais heureusement elle est soluble dans la curiosité même à petite dose. Soluble dans un regard, soluble dans le "recul indispensable". Et comme elle se nourrit des torrents d'informations qui dévalent les pentes médiatiques, il suffit de couper le courant de temps en temps, de s'asseoir sur le pas d'une porte et d'écouter couler l'air du temps. C'est facile lorsque les premiers soleils pointent leurs rayons. C'est chaud et c'est doux .
Et là pourquoi ne pas ouvrir un bon livre ? en papier ! Un Henning Mankell par exemple, une édition de poche. Se plonger dedans un long moment, suivre le commissaire Wallander dans les méandres de ses états d'âme et d'une enquête subtile. Ah ! L'air du temps, remède à tant de maux... flotter et laisser faire, pendant que passe une brise, avant de reprendre la barre contre vents et marées.
Je profite d'un ascendant et je me prends pour un aigle. A plus tard.
par Alex Owl
publié dans :
Carnet du Hibou
Comme A La Maison - Charlies
Sur les terres oubliées d'un immense chapiteau,
Danse le nez en l'air, un grand clown apaisé.
Son sourire n'est plus feint, un peu plus mis à nu
Il connait bien l'histoire qu'il ne dira qu'à celle
Qui le regarde chaque soir faire la pantomime
Suspendue à ses gestes en ailes de moulin
A ses traits de crayon noir, rouge vermillon
Ses lèvres tremblent autant qu'une voile dans le vent
Lève l'étrave folle, dès l'aube fend la foule
Qui le regarde chaque soir faire la pantomime
Cette main conte tant de vagues traversées
Qu'il faut bien du talent pour reprendre la mer
Lorsque la lune coule, que l'homme vocifère
Que les lumières claquent, que l'orchestre s'élance
A cette heure chaque soir, zut ! J'ai raté la rime...
Danse le nez en l'air, un grand clown apaisé.
Son sourire n'est plus feint, un peu plus mis à nu
Il connait bien l'histoire qu'il ne dira qu'à celle
Qui le regarde chaque soir faire la pantomime
Suspendue à ses gestes en ailes de moulin
A ses traits de crayon noir, rouge vermillon
Ses lèvres tremblent autant qu'une voile dans le vent
Lève l'étrave folle, dès l'aube fend la foule
Qui le regarde chaque soir faire la pantomime
Cette main conte tant de vagues traversées
Qu'il faut bien du talent pour reprendre la mer
Lorsque la lune coule, que l'homme vocifère
Que les lumières claquent, que l'orchestre s'élance
A cette heure chaque soir, zut ! J'ai raté la rime...
par Alex Owl
publié dans :
poèmes
Kris Ellestad - Were not dirty
Voilà, je suis prêt aussi, je vais rejoindre 2008... voyez, fallait pas pousser.
Bonne année à tous !
Mais maintenant va falloir en faire quelque chose de cette nouvelle année. C'est bien joli de l'attendre, de la souhaiter, de s'agiter toute une soirée et de faire
plein de bisous à tout le monde durant l'instant frénétique du passage mais va falloir l'occuper, la 2008 en question. On peut pas y entrer et puis Pof! s'asseoir et attendre.
Ben non faut voir grand, faut laisser aller le rêve, imaginer des plans, étudier les faisabilités, réaliser les études préalables, demander les permis et se mettre à l'oeuvre.
Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir en faire ? C'est un peu ambarrassant maintenant qu'on y est...
Si quelqu'un a une idée, il ne faut pas hésiter, qu'il en fasse profiter les autres, ce serait sympa. Même une toute petite idée ce serait déjà un début... Hein ?
D'autant que si on n'en fait rien du tout ça risque d'être long toute une année... et puis même en admettant que l'on prenne tous une année sabatique... Et ben ça ne fait que reculer le problème, ce sera pour 2009 !
Ben non faut voir grand, faut laisser aller le rêve, imaginer des plans, étudier les faisabilités, réaliser les études préalables, demander les permis et se mettre à l'oeuvre.
Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir en faire ? C'est un peu ambarrassant maintenant qu'on y est...
Si quelqu'un a une idée, il ne faut pas hésiter, qu'il en fasse profiter les autres, ce serait sympa. Même une toute petite idée ce serait déjà un début... Hein ?
D'autant que si on n'en fait rien du tout ça risque d'être long toute une année... et puis même en admettant que l'on prenne tous une année sabatique... Et ben ça ne fait que reculer le problème, ce sera pour 2009 !
Moi je ne sais pas... on pourrait faire de la musique, ou bien dire de la poésie, cuire des tagliatelles, sourire, marcher sur la lune à nouveau. On pourrait s'esclaffer, vociférer, chuchoter. Et pourquoi pas dormir un peu, faire la planche, nouer des liens, rebrousser chemin. Et puis fabriquer des polochons, renflouer des galions, manger des patates au feu de bois... on pourrait rester, partir, retourner...
En plus il pourrait y avoir des fleurs fraiches sur la table, celles qui sentent si bon.
Et puis le temps pourrait être doux, la pluie fine et le coeur léger.
Ca pourrait même finir en fou rire !
...
ensemble ?
par Alex Owl
publié dans :
actu. et cogitations
L'année dernière c'était pas pareil, j'étais content de sauter le pas, passer le gué et vogue la galère. Mais là cette année j'ai pas envie ! Ben oui, c'est comme
ça j'ai pas envie ! Je veux rester encore un peu, trainer encore en 2007. Et alors ? Qu'est-ce qu'il y a de mal à ça ?
Evidemment, y'a les gardiens du temps qui sont venus frapper à ma porte. Eux ça ne les arrange pas, faut que les jours passent. Il ne faut pas qu'il y ait de retard, ça décalerait tout et après c'est un mélimelo à remettre en route !
Je comprends bien mais je ne veux pas ! Pas tout de suite... les autres n'ont qu'à y aller, je les rattraperai. J'ai envie de profiter encore un peu de la douceur de 2007. Je voudrais conserver quelques instants encore des impressions, des émotions, des moments formidables. Après ils seront dans des boites, archivés et ce sera plus pareil. Je le sais bien, c'est déjà arrivé. Après faut faire des demandes, remplir des formulaires, justifier, discuter pour les retrouver...
Je leur ai dit, vous n'avez qu'à partir devant, je vais venir mais pas tout de suite.
Mais non, il parait que ce n'est pas si simple, il faut que tout le monde saute en même temps ou bien tout s'arrête, la nouvelle année ne peut pas commencer.
C'est un peu facile de tout me mettre sur le dos. Comme si c'était ma faute à moi si la nouvelle année a des ratées. Qu'on me laisse un peu tranquille, j'ai pas envie, j'ai pas envie ! J'irai quand je sentirai que c'est le moment. Après tout c'est pas parce que tous les autres ont décidé que c'était maintenant que je dois faire pareil.
Pourquoi ce serait pas un peu plus tard finalement, qui est-ce qui a décidé que ce serait ce soir !
Ils m'ont même menacé de m'envoyer les brigades d'intervention du temps qui passe pour m'emporter en 2008 de gré ou de force. Ben ça c'est la meilleure ! Si ils pensent que je vais attendre là qu'on vienne me chercher...
Je vais me dégoter une "planquette" hors du temps et PAF ! Ils ne pourront plus me trouver. Pas mal hein ?
Et quand tout le monde sera parti, après la bise de minuit, je sortirai et je retournerai en 2007, enfin tranquille, profiter du temps présent. Non mais Oh, faut pas pousser.
J'ai encore toute la bibliothèque de Quichottine à visiter, j'attends aussi le retour de Chris, qu'Osiris se réveille, et puis il y a Germaine, je suis en pleine bataille de boule de neige, Missy s'est faite belle pour le réveillon... Seb est deux et je crois qu'il a envie que ça dure, Nina Louve est tombée dans les pommes, Le Tyran(e) est encore tellement triste, le coeur à la dérive... sans compter que j'attends Godot... Fanchette aussi, bref j'ai plein de trucs à faire y compris les bagages. Après on verra...
Mais chut, j'entends les brigades d'intervention du temps-qui-passe... je file en marge du temps...
Evidemment, y'a les gardiens du temps qui sont venus frapper à ma porte. Eux ça ne les arrange pas, faut que les jours passent. Il ne faut pas qu'il y ait de retard, ça décalerait tout et après c'est un mélimelo à remettre en route !
Je comprends bien mais je ne veux pas ! Pas tout de suite... les autres n'ont qu'à y aller, je les rattraperai. J'ai envie de profiter encore un peu de la douceur de 2007. Je voudrais conserver quelques instants encore des impressions, des émotions, des moments formidables. Après ils seront dans des boites, archivés et ce sera plus pareil. Je le sais bien, c'est déjà arrivé. Après faut faire des demandes, remplir des formulaires, justifier, discuter pour les retrouver...
Je leur ai dit, vous n'avez qu'à partir devant, je vais venir mais pas tout de suite.
Mais non, il parait que ce n'est pas si simple, il faut que tout le monde saute en même temps ou bien tout s'arrête, la nouvelle année ne peut pas commencer.
C'est un peu facile de tout me mettre sur le dos. Comme si c'était ma faute à moi si la nouvelle année a des ratées. Qu'on me laisse un peu tranquille, j'ai pas envie, j'ai pas envie ! J'irai quand je sentirai que c'est le moment. Après tout c'est pas parce que tous les autres ont décidé que c'était maintenant que je dois faire pareil.
Pourquoi ce serait pas un peu plus tard finalement, qui est-ce qui a décidé que ce serait ce soir !
Ils m'ont même menacé de m'envoyer les brigades d'intervention du temps qui passe pour m'emporter en 2008 de gré ou de force. Ben ça c'est la meilleure ! Si ils pensent que je vais attendre là qu'on vienne me chercher...
Je vais me dégoter une "planquette" hors du temps et PAF ! Ils ne pourront plus me trouver. Pas mal hein ?
Et quand tout le monde sera parti, après la bise de minuit, je sortirai et je retournerai en 2007, enfin tranquille, profiter du temps présent. Non mais Oh, faut pas pousser.
J'ai encore toute la bibliothèque de Quichottine à visiter, j'attends aussi le retour de Chris, qu'Osiris se réveille, et puis il y a Germaine, je suis en pleine bataille de boule de neige, Missy s'est faite belle pour le réveillon... Seb est deux et je crois qu'il a envie que ça dure, Nina Louve est tombée dans les pommes, Le Tyran(e) est encore tellement triste, le coeur à la dérive... sans compter que j'attends Godot... Fanchette aussi, bref j'ai plein de trucs à faire y compris les bagages. Après on verra...
Mais chut, j'entends les brigades d'intervention du temps-qui-passe... je file en marge du temps...
par Alex Owl
publié dans :
actu. et cogitations
Kris Ellestad - Scabs
Rien, pourvu qu'il ne se passe rien... juste rien dans la brouhaha de fin d'année. De toute façon après Noël il faut laisser reposer nos foies marathoniens, nos
muscles masticateurs tellement sollicités, nos orbiculaires émerveillés par tant de lumières, nos zygomatiques enflammés, nos doigts fébriles qui ouvrirent tant de paquets ficelés... alors
maintenant je déclare l'état de rien permanent.
Evidemment il y a toujours quelqu'un pour faire irruption dans votre moment de rien. Soit pour vous demander où se trouve telle ou telle chose, soit pour vous demander ce que vous voulez manger à la Saint Sylvestre, soit pour vous faire la réclame d'un tout nouveau produit par téléphone. C'est pas facile de se préserver un moment de rien.
Le rien faut le préparer, le désirer très fort, le vouloir plus que tout.
Alors voilà, moi je déclare un moment de rien dans l'entre deux banquets, un moment de flottement intense, de bourdonnement inutile, un moment de méditation sur le vide, la vacuité, "l'infinitude" de l'instant qui s'écoule.
Rien ne vaut ce petit quelque chose de si particulier qu'est le rien. Tout un art de vivre l'instant. Il s'installe et on l'observe étendre ses ailes, suspendre les choses, les tenir à distance, tout en périphérie. Et puis là, au centre de nulle part, ce silence dont je parlais, ce bourdonnement discret de l'impossible vide sensoriel.
Voilà ! C'est fait, je flotte tranquillement, je ne sens rien, je n'entends rien, je ne vois rien... je vacille un peu le temps de m'habituer. C'est déroutant finalement le rien. Il virevolte, me tourne autour, me bouscule, un rien taquin. Si je m'attendais à ça, c'est quelque chose le rien... je fais quelques pas, je scrute du dedans... rien...
Faudrait quand même pas que je m'y perde, que je ne sache pas retrouver la sortie, la porte du pas rien, le quelque chose. J'y vais prudemment... c'est un peu effrayant en fait.
Je me sens un peu seul.
y'a quelqu'un ? Hé Ho ! y'a quelqu'un ?
Pas de réponse, même pas d'écho... rien !
Hé Ho... dites quelque chose !
Ho Hé !
Zut ! C'était par où déjà l'entrée, enfin je veux dire la sortie...?
J'entends vaguement quelque chose, un brouhaha au loin... c'est par là ! Oui je vois des lumières... ça y est, c'est là, voilà la porte...!
Tiens le téléphone : Allo ? Oui ! Comment, Club internet ? Pour une nouvelle offre ? Je suis content de vous entendre, si si je vous assure. Ah bon, un meilleur débit et plein de services en plus... et pour juste quelques euros de plus... oui évidemment on a rien sans rien !
Ben finalement si on discutait de ce qu'on va manger au réveillon ? Hein ?
Evidemment il y a toujours quelqu'un pour faire irruption dans votre moment de rien. Soit pour vous demander où se trouve telle ou telle chose, soit pour vous demander ce que vous voulez manger à la Saint Sylvestre, soit pour vous faire la réclame d'un tout nouveau produit par téléphone. C'est pas facile de se préserver un moment de rien.
Le rien faut le préparer, le désirer très fort, le vouloir plus que tout.
Alors voilà, moi je déclare un moment de rien dans l'entre deux banquets, un moment de flottement intense, de bourdonnement inutile, un moment de méditation sur le vide, la vacuité, "l'infinitude" de l'instant qui s'écoule.
Rien ne vaut ce petit quelque chose de si particulier qu'est le rien. Tout un art de vivre l'instant. Il s'installe et on l'observe étendre ses ailes, suspendre les choses, les tenir à distance, tout en périphérie. Et puis là, au centre de nulle part, ce silence dont je parlais, ce bourdonnement discret de l'impossible vide sensoriel.
Voilà ! C'est fait, je flotte tranquillement, je ne sens rien, je n'entends rien, je ne vois rien... je vacille un peu le temps de m'habituer. C'est déroutant finalement le rien. Il virevolte, me tourne autour, me bouscule, un rien taquin. Si je m'attendais à ça, c'est quelque chose le rien... je fais quelques pas, je scrute du dedans... rien...
Faudrait quand même pas que je m'y perde, que je ne sache pas retrouver la sortie, la porte du pas rien, le quelque chose. J'y vais prudemment... c'est un peu effrayant en fait.
Je me sens un peu seul.
y'a quelqu'un ? Hé Ho ! y'a quelqu'un ?
Pas de réponse, même pas d'écho... rien !
Hé Ho... dites quelque chose !
Ho Hé !
Zut ! C'était par où déjà l'entrée, enfin je veux dire la sortie...?
J'entends vaguement quelque chose, un brouhaha au loin... c'est par là ! Oui je vois des lumières... ça y est, c'est là, voilà la porte...!
Tiens le téléphone : Allo ? Oui ! Comment, Club internet ? Pour une nouvelle offre ? Je suis content de vous entendre, si si je vous assure. Ah bon, un meilleur débit et plein de services en plus... et pour juste quelques euros de plus... oui évidemment on a rien sans rien !
Ben finalement si on discutait de ce qu'on va manger au réveillon ? Hein ?
par Alex Owl
publié dans :
histoires et nouvelles

Une histoire bizarre est arrivée à nos oreilles à mon ami le lampadaire et à moi-même. On a discuté une nuit entière de ce curieux phénomène annoncé. Il y aurait un enfant humain, qui naitrait à nouveau chaque année la nuit de Noël. Etrange non ? Le même enfant qui naitrait chaque année. Et puis depuis quand d'abord ? Ca on n'en sait rien pour le moment mais si le phénomène s'avère réel... Depuis longtemps en tout cas si j'en crois la boulangère qui en parlait il y a deux jours à Archibald devant sa boutique.
Mon ami le lampadaire était moins étonné que moi au début. Forcément il ne s'y connait pas beaucoup en naissance et encore moins en reproduction humaine... les luminaires ne procréent pas. Mais moi qui suis sorti d'un oeuf... je pensais que les gens ne naissaient qu'une fois comme les hibous. D'ailleurs cela semble se vérifier pour la plupart d'entre eux, ils naissent, grandissent puis ils vont viennent à travers le monde.
Si cette histoire était vraie, ce serait donc un phénomène relativement isolé. Cet enfant, ils l'appellent "petit Jesus", naitrait une fois par an. Ben oui mais qu'est-ce qu'il devient entre deux Noël ? Est-ce qu'il grandit aussi, est-ce qu'il va et vient à travers le monde et Hop ! il rapetisse et disparait pour naitre de nouveau ?
Il y aurait bien eu chez moi, du côté d'une grande tante maternelle, un cousin éloigné qui aurait fait ça un temps , ma mère m'en a souvent parlé mais je ne l'ai jamais rencontré. Elle disait que le cousin Phénix devait bruler pour renaitre... mais je crois qu'à présent c'est une branche morte de la famille ! Là encore, il n'y a rien de sûr...
En tout cas, Mon ami le lampadaire et moi avons décidé d'élucider cette énigme. Il s'est branché sur les ondes longues, courtes et même ultra courtes et moi je me suis mis en position de vol de surveillance au dessus du village. J'ai tracé de grands cercles à haute altitude et à chaque passage j'informais mon ami resté au sol et lui demandais s'il avait capté quelque chose.
Grace à ce dispositif, nous avons pu observer vers minuit, une ambulance se garer devant la maison du psychiatre de la rue Haute, tous gyrophares allumés. Sur son capot avant était inscrit en lettres bleues "ambulances de la crèche" à côté d'une grosse étoile. Et puis la femme du psychiatre a été emmenée en direction de la ville. Je ne les ai pas suivis, ils allaient trop vite et je ne voulais pas quitter mon poste d'observation...
Presque au même moment, une procession s'est dirigée en chantant vers la crèche, sur la place du village et a déposé sur la paille un enfant tout blanc... je me suis approché mais c'était une statue en plâtre... fausse alerte !
Le reste de la nuit est passé sans autre évènement notable ni dans le village ni sur les ondes.
C'est au petit matin que j'ai compris ce qui était arrivé, tout le monde en parlait au bistrot du port... la femme du psychiatre avait donné naissance à une petite fille pendant la nuit... Léonore ! C'est pour ça qu'ils l'avaient emportée dans l'ambulance ! Ils en ont même parlé sur les ondes dans la matinée !
C'est peut-être elle le "petit Jesus" ? Mais pour être sûr, il faudrait savoir si elle est déjà née... au moins l'année d'avant. Comme nous n'avons pas accès à cette information nous avons décidé de poursuivre l'étude de manière prospective au moins jusqu'au Noël prochain. De cette manière nous verrons bien si Léonore grandit puis rapetisse et disparait et si elle renait à Noël. C'est imparable, nous aurons le fin mot de cette histoire dans une année exactement.
Nous resterons vigilants et étudierons discrètement la petite Léonore durant toute l'année à venir et nous tiendrons la communauté scientifique au courant de l'avancée de nos recherches.
Si nous mettons en évidence que la petite Léonore est bien le "petit Jesus" ce sera une découverte extraordinaire, sans précédent !
L'étude de la vie des Gens est vraiment passionnante et la science ne cesse de nous surprendre !
par Alex Owl
publié dans :
Carnet du Hibou







